pompiers hesbaye

  • Nouveau: une cellule anti-pollution chez les pompiers de Hesbaye.

    Il y a deux ans, la zone de secours de Hesbaye créait la cellule Animal Rescue Team, une équipe de pompiers spécialisés pour porter assistance aux animaux en difficulté. Depuis, l’ART enregistre près de 80 interventions et sort deux ou trois fois par mois. Forte de ce succès, la zone souhaite continuer à spécialiser ses hommes en mettant sur pied une cellule anti-pollution (risques environnementaux). « Quand on spécialise nos pompiers, la qualité des prestations s’en trouve améliorée. Dans une petite zone comme la nôtre, il est important d’être reconnus, de pouvoir nouer des conventions avec les zones voisines car il n’est pas possible de se spécialiser dans tous les domaines. Nous avons choisi l’aspect rural anti-pollution », souligne le commandant Marc Duvivier.

    Pour cela, les pompiers de Hesbaye ont conclu des partenariats avec la Région wallonne, SOS Pollution, la protection civile de Crisnée, le poste d’incendie de Spa, l’asbl Meuse-Aval mais aussi des sociétés privées comme UDH (Urgence Dépollution Hydrocarbures) de Hermalle-sous-Huy. «  L’idée est de travailler rapidement, en bonne concertation et collaboration avec d’autres intervenants. Les pompiers interviennent en première ligne, ensuite ils passent la main  », explique-t-il.

    « La réflexion est née après le dernier incident dans la Mehaigne : une rupture d’une citerne d’azote avait provoqué la mort de tous les poissons. Cela alors que nous avions réempoissonné la rivière après une précédente pollution de la râperie Longchamps. L’azote s’étant dissous dans l’eau, les pompiers n’auraient rien pu faire mais d’autres incidents peuvent être évités », assure Manu Douette, président de la zone de secours.

    En premiers moyens, les pompiers disposent d’un nouveau matériel composé de lingettes (qui n’absorbent pas l’eau mais les hydrocarbures), de boudins de tailles diverses pour filtrer les hydrocarbures, de bacs dépliables (résistants aux acides) à glisser sous un camion qui fuit par exemple pour collecter l’huile, de bâches à placer sur les égouts… Un équipement coûteux qui a pour but d’empêcher la pollution d’atteindre les égouts et, partant, les cours d’eau. « Cela arrive très souvent : il suffit d’un crash entre deux véhicules et de l’huile s’échappe, une citerne extérieure d’un privé qui fuit etc.  »

    Le commandant met l’accent sur la procédure mise en place, ainsi que la formation. « À l’école du feu, la conscientisation anti-pollution est limitée, on veut aller plus loin en se formant auprès de spécialistes de la nature. On voit avec l’Université de Liège pour apprendre à connaître les produits utilisés par les fermiers de notre région et leur possible impact sur l’environnement, par exemple  », cite Marc Duvivier.

    Tous les hommes ne seront pas formés de la sorte. « Ce seront principalement les gradés et quelques sapeurs qui veulent se spécialiser là-dedans. »