Jean-Sébastien Haydan a été fauché à Oreye. Deux waremmiens ont été privés de liberté puis relâchés.

brocante.JPGDans la nuit de samedi à dimanche, un tragique accident de moto survenait à Oreye, sur la chaussée Romaine. Jean-Sébastien Haydan, directeur de deux maisons de repos en région liégeoise, et ex-directeur de la Maison Dieu à Antheit (Wanze) est décédé à moto. Il avait 40 ans. Le parquet confirmait que le quadragénaire aurait en réalité été renversé par une voiture. Le conducteur avait ensuite pris la fuite, laissant Jean-Sébastien au sol après l’avoir traîné sur 100 mètres.
 
Très vite, la machine judiciaire s’est mise en branle. Lundi après-midi, les enquêteurs de la zone Hesbaye ont interpellé trois suspects, des Waremmiens d’une petite trentaine d’années. Il s’agit des conducteurs de deux voitures qui, dans la nuit de samedi à dimanche, se suivaient de près sur la chaussée Romaine. Une jeune femme qui se trouvait dans une des voitures a vite été mise hors de cause.
 
L’une des deux voitures est porteuse de dégâts. Elle a été retrouvée non loin du lieu de l’accident. Elle aurait roulé sur « quelque chose » ou quelqu’un. Son conducteur ainsi que le conducteur de la voiture qui la suivait ont été privés de leur liberté afin d’être entendus par les enquêteurs. L’un des suspects a, en partie, reconnu qu’il y avait eu un « problème » avec un motard sans pour autant reconnaître que l’un ou l’autre l’avait renversé.
 
Les suspects relâchés
Mardi, les deux suspects ont été déférés au parquet de police de Liège où ils ont été reçus par le magistrat de garde. Après cette entrevue, ils ont été… relâchés.
 
« Il existe encore trop de zones d’ombre », expliquait, mardi après-midi, Catherine Collignon, Premier substitut au parquet de Liège en charge, notamment, des relations avec la presse. « Nous attendons maintenant les rapports du médecin et de l’expert automobile. »
 
Plusieurs interrogations persistent donc autour du décès tragique de Jean-Sébastien Haydan… S’il semble acquis que le premier automobiliste a bien roulé sur le motard, cela ne signifie pas que c’est lui qui l’a renversé. En effet, dans la nuit de samedi à dimanche, les conditions météorologiques n’étaient pas optimales. Il y avait, notamment, beaucoup de vent. Plusieurs scénarios restent envisageables comme une course entre les deux voitures ou une bourrasque de vent qui aurait déséquilibré le motard. À l’heure actuelle, on ne peut pas non plus exclure une collision entre la moto de Jean-Sébastien et la première des deux voitures.
 
On sait aussi que les deux automobilistes suspectés se connaissent très bien. Ils avaient passé une partie de la soirée dans un nouveau bar, « Le Flanagan », installé à Waremme. Une trentaine d’heures se sont écoulées entre le moment de l’accident et l’interpellation des deux suspects. Un délai trop long pour tester les alcoolémies.
 
Cette double libération ne signifie pas que les deux Waremmiens sont hors de cause.
 
L’enquête n’en est qu’à ses débuts et ils restent les suspects principaux du décès de Jean-Sébastien Haydan.

« C’était un soleil pour ceux qui l’entouraient »  

Capture.JPGDepuis l’annonce du décès de Jean-Sébastien Haydan, les messages de condoléances affluent pour saluer sa mémoire. Cette vague de soutien a démarré sur les réseaux sociaux, où le personnel des deux maisons de repos gérées par le Liégeois s’est fendu de plusieurs commentaires particulièrement émouvants. « Vous allez nous manquer, soyez-en sûr Monsieur Haydan. On ne vous oubliera jamais, vous étiez une belle personne, humaine, gentille, à l’écoute de tout le monde », commente Laura.
 
« Jamais je ne vous oublierai, jamais ! Vous allez tellement me manquer. Vous avez une place dans mon cœur, vous étiez exceptionnel », poursuit Florence, membre du personnel.
 
« Vous allez laisser un énorme vide, M. Haydan. Vous qui étiez fort proche de vos résidents, à l’écoute, un homme au grand cœur ! On croit venir au travail, comme un dimanche habituel, et là on apprend la terrible nouvelle », déclare encore Astrid.
 
Des messages qui doivent certainement mettre du baume au cœur de la famille de Jean-Sébastien. Brigitte, sa maman, a accepté de nous parler de son fils, quelques instants. « C’était un garçon exceptionnel, la cave est remplie de cadeaux reçus lorsqu’il a quitté la maison de repos d’Antheit. »
Fort logiquement dévastée, c’est par l’entremise de son amie qu’elle continue de s’exprimer. « Jean-Sébastien était un soleil, pour nous mais aussi pour toutes les personnes qui l’entouraient. Il était toujours de bonne humeur », nous dit-elle.
 
« C’était un homme très engagé pour le bien-être commun à la maison de repos. Il avait notamment obtenu l’installation d’un parc animalier, la réduction des tarifs des distributeurs de boissons, l’air conditionné. C’était un directeur qui n’hésitait pas à monter au créneau pour les résidents. Il était également actif au sein de ‘La Table Ronde’. Il organisait le Jogging de Liège dans le but de récolter des fonds pour l’école fondamentale spécialisée Joëlle Robins. Raison pour laquelle des fleurs ne sont pas demandées pour lui rendre hommage, mais plutôt des dons. »
 
Jean-Sébastien Haydan n’était pas marié et n’avait pas d’enfant. « Il avait par contre une sœur dont il était très proche et très fier. Il faisait l’unanimité dans tous ses groupes d’amis. »
 
Voyages, musique, randonnée, cuisine, le directeur des maisons de repos Claire de Vie et Farnientane se passionnait pour de nombreux domaines.
Ses funérailles se dérouleront ce 28 février. Après un hommage, il sera procédé à son inhumation au sein du nouveau cimetière de Herve. (Article de A. B)

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