• Tous les secrets de votre facture d'électricité, souvent difficile à comprendre.

    Capture.JPGLa facture d’électricité reste un grand mystère pour de nombreux consommateurs wallons. Exemple avec une lectrice qui a installé des panneaux photovoltaïques sur son toit en août.  
    Une lectrice, qui s’est équipée de panneaux photovoltaïques, au mois d’août 2019, vient de recevoir une facture d’acompte de son fournisseur. La période couverte, ce sont les deux premiers mois de 2020. Et elle s’étonne, en découvrant l’estimation de ce que va lui coûter son électricité en 2020. Pas moins de 1.736 euros hors TVA. Et dans le détail de cette somme, un poste l’intrigue : « distribution et transport » : 884,79 euros, hors TVA toujours. « Comment ? 800 euros pour l’acheminement de l’électricité, ce n’est pas possible », nous dit-elle, désemparée. « Ils ont sûrement déjà appliqué la taxe prosumer. »
    Cette facture d’acompte appelle plusieurs commentaires et clarifications. Et on peut comprendre que la plupart des consommateurs soient perdus.
     
    Pas de tarif prosumer
    Tout d’abord, non, le tarif prosumer pour les propriétaires de panneaux photovoltaïques n’est pas encore d’application. Comme nous l’avions expliqué, l’application de ce tarif, entré en vigueur le 1 er janvier, est postposée jusqu’au 30 avril. Attention, ça ne signifie pas que le tarif prosumer, cette redevance pour utilisation du réseau, soit reporté ou même supprimé, mais qu’il ne figurera pas sur la facture avant le mois de mai.
     
    Il est possible que, sans accord entre le gouvernement et le régulateur (la Cwape), les quatre premiers mois soient réclamés par la suite. Le gouvernement souhaite une exonération pour les prosumers durant 5 ans, la Cwape ne veut pas en entendre parler. Les quatre mois jusque fin avril sont destinés à trouver un accord. Pour une installation moyenne, ce tarif varie entre 340 et 460 euros par an.
     
    Réduction des provisions
    L’estimation de consommation pour cette lectrice est de près de 8.000 kWh. C’est une consommation importante, qui s’explique notamment par la présence d’une piscine, chauffée par une pompe à chaleur. C’est d’ailleurs en partie pour cela que la famille s’est équipée de panneaux photovoltaïques. Et aussi pour répondre aux appels à respecter l’environnement.
     
    Oui, mais voilà : la facture d’acompte envoyée par le fournisseur ne tient pas du tout compte de ces panneaux et de leur production. Une raison à cela : les panneaux ont été montés en août et mis en service en septembre, il n’y a donc pas encore une année complète de production à laquelle se référer. Il n’empêche, la facture d’acompte peut et doit être diminuée par son fournisseur. En discutant avec le fournisseur, elle a déjà obtenu une division par deux de sa facture d’acompte. Elle peut encore obtenir plus.
     
    La facture en détail
    Mécaniquement, moins d’achat d’électricité entraîne une diminution de tous les autres frais liés, comme le transport, la distribution, etc. Il se peut même que la famille, dont l’installation peut produire 7.500 kWh par an puisse arriver à ne rien acheter, si elle diminue sa consommation.
     
    On n’en est pas là. Et c’est l’occasion de réexpliquer ce qui constitue votre facture d’électricité. Celle-ci n’est en effet pas très détaillée : elle indique ce que vous payez à votre fournisseur (Electrabel, Luminus, Lampiris, etc.), ce que vous payez en transport et distribution et les taxes. En réalité, c’est plus compliqué.
     
    La partie purement « énergie » (payée au fournisseur) représente environ 30 % de la facture. La partie distribution (par Ores, Resa, etc.) représente environ 31 % de la facture. Le transport, c’est Elia, avec ses lignes à haute tension. La TVA et des taxes et prélèvements représentent ensemble environ 20 % de votre facture. Et puis il y a toute une série de « surcharges », que nous détaillons dans l’infographie ci-contre. Elles sont nombreuses mais ne représentent qu’une vingtaine d’euros sur une facture moyenne.