• La première année du nouveau bourgmestre d’Oreye, Jean-Marc Daerden, élu il y a un an.

    « J’ai découvert un bureau vide, sans dossier. J’ai tout repris de zéro »  

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    Jean-Marc Daerden est le nouveau bourgmestre d’Oreye depuis l’élection en octobre 2018. Le mayeur revient sur une première année à cent à l’heure qu’il qualifie d’étonnante.  
    Jean-Marc Daerden, comment qualifier votre première année en tant que bourgmestre d’Oreye ?
    En un mot : étonnante. D’abord le résultat des élections… Le changement de majorité a surpris des deux côtés. Plus de 500 Orétois ont changé leur vote par rapport au scrutin précédent. Le citoyen a demandé du changement. J’ai découvert un bureau vide, sans dossier ni carnet d’adresses. J’ai tout repris de zéro avec l’aide de l’administration communale. Le personnel est resté très professionnel. Les employés n’ont rien changé malgré l’avènement d’une nouvelle majorité. La directrice générale a beaucoup cadré nos initiatives et actions vu notre manque d’expérience. Nous avons commencé par un état des lieux. Nous avons réalisé un budget initial rapidement et nous avons évalué les premiers investissements nécessaires. Certains de nos projets sont reportés, comme la nouvelle maison communale, car nous sommes obligés de reconstruire : un local aux normes pour le service voirie, du matériel, etc.
     
    Quels changements sont intervenus dans votre quotidien ?
    Hériter de ce rôle m’a étonné vu ma troisième place et mon deuxième score. Une organisation s’est mise en place avec mon employeur ORES qui, juste avant le scrutin, m’a proposé de nouvelles responsabilités. Deux jours complets, non-rémunérés par mon employeur, sont entièrement consacrés à la commune. Je viens chaque jour à l’administration, avant ou après ma journée de travail. J’essaye de participer le plus possible aux activités locales. Je soutiens les comités, même si je ne reste pas toute la soirée. Au niveau personnel, je me suis toujours investi en politique, mais je ne suis arrivé sur le devant de la scène que récemment, car j’ai donné la priorité à ma famille. Mes quatre enfants ont grandi et j’ai tout le loisir de me consacrer pleinement à ma fonction. Je ne vois pas le mayorat comme un métier, plutôt comme un hobby ou un plaisir de servir ma commune. Je trouve ce rôle diversifié très valorisant et, face aux problèmes, je cherche des solutions.
     
    Certains aspects de la fonction vous ont-ils étonné ?
    Je suis stupéfait par les lenteurs administratives. J’aime décider et avancer rapidement, or il faut rédiger un cahier des charges, l’examiner en collège, demander des prix, lancer un marché, étudier les offres, repasser au collège puis seulement attribuer. Pour gagner en efficacité, on a donc réorganisé les services. Notre agent technique en chef s’occupe de ces éléments technico-administratifs, tandis qu’un brigadier gère les tâches quotidiennes du service travaux. On a insufflé une nouvelle dynamique où, grâce à mes formations professionnelles en management, je me vois comme un coach bienveillant et efficace. Un autre aspect de la fonction porte sur le nombre de documents à signer, même une facture de trois euros.
     
    Votre quotidien est-il conforme à ce que vous imaginiez du mayorat ?
    Tout à fait, il y a beaucoup de responsabilités. Les sollicitations n’arrêtent pas. Je suis en contact lors de réunions avec des collègues de communes voisines, notamment pour la police et les pompiers. J’aime toucher à tout et je reste derrière chaque échevin, car nous formons une nouvelle équipe dont les membres n’ont que très peu d’expérience. Chacun dispose d’autonomie et grandit dans sa fonction, on apprend tous de nos erreurs. En tant que bourgmestre, je suis en contact avec les services de secours. Quand les pompiers m’appellent, je ressens souvent un peu de stress par crainte d’un événement néfaste pour un concitoyen.
     
    Nourrissez-vous des regrets au regard de cette première année de mayorat ?
    Non, je vis une année pleine. Je garde la tête dans le guidon. Je n’ai pas pris de vacances pour l’instant et j’ai utilisé mes congés au profit de la commune. Il me manque seulement du temps pour plus d’activités physiques, mais les horaires et obligations rendent la pratique régulière compliquée. J’ai pris cinq kilos à cause de toutes les manifestations ! Et puis, j’ai toujours fait beaucoup de sport, dont le karaté pendant quarante ans.
     
    Comment envisagez-vous la politique à moyen ou long terme ?
    Je ne suis pas carriériste et je fais de la politique de proximité. J’ai bientôt 58 ans et je ne me projette pas. Je serai pensionné au terme de ce mandat. Certains me disent qu’il est hors de question que j’arrête et je pense continuer encore quelques années. Le rôle de bourgmestre en étant pensionné me paraît être une bonne formule pour vivre pleinement cette fonction. J’ai juste envie de marquer ma commune de mon empreinte, de construire quelque chose pour Oreye et de laisser une trace, à l’image de la construction d’une nouvelle maison communale. Mais personne n’évoque encore la suite, car on gère le quotidien et les activités se succèdent. En plus de la Saint-Nicolas que nous relançons, il y a déjà le bal communal le samedi 16 novembre.
     
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    Article de J.M