Justice: les Transports Verjans suspectés de fraude pour cinq millions d’euros et d'organisation criminelle.

Capture.JPGLundi matin, le juge Defechereux procédait à l’instruction d’audience dans le dossier des transports Verjans dont la société était installée à Oreye, en province de Liège. Verjans, père et fils, étaient en bonne place sur le banc des prévenus pour répondre d’une série d’infractions liées à la fraude sociale mais également de traite des êtres humains et d’organisation criminelle dans le cadre de leur société de transport routier. 
 
Sur le banc des prévenus se trouvaient Guillaume Verjans, le responsable de la société, et son fils, Guy, ainsi que l’ex-épouse de Guillaume, Monique, et Geneviève, doivent répondre de préventions liées à la fraude sociale, comme le faux et l’usage de faux mais aussi le fait d’avoir éludé des cotisations sociales et des provisions pour près de 5 millions d’euros.
 
Plus grave encore sur l’échelle des peines, les mêmes prévenus doivent faire face à des préventions de traite des êtres humains (TEH) et d’organisation criminelle. Deux préventions moins évidentes à démontrer mais qui peuvent déboucher sur des peines de prison plus importante.
 
Pour l’auditorat du travail de Liège, il s’agissait de la mise en place d’un système dont la finalité était d’éviter de payer des cotisations sociales, en Belgique, pour leurs 183 chauffeurs.
 
Tous étaient employés, non pas par la société Verjans installée à Oreye, mais par trois sociétés slovaques, toutes gérées au départ de Waremme. Tous les contrats de travail étaient établis au nom de ces sociétés casernées en Slovaquie et les assujettissements étaient calculés en fonction de la législation slovaque. En clair, les responsables de la société Verjans payaient moins de cotisations que si leurs chauffeurs dépendaient de sociétés belges.
 
Un accident et tout s’effondre
Le dossier avait débuté lorsqu’un conducteur de camion s’était blessé à la cheville et qu’aucune déclaration d’accident n’avait été faite par l’employeur le jour de l’accident. Un médecin avait relevé cette problématique.
Dans la foulée, lors d’un contrôle, des policiers et des inspecteurs sociaux avaient trouvé les déclarations des chauffeurs de la société Verjans «bizarres» et, parfois, contradictoires.
 
Le dossier avait rapidement été mis à l’instruction et une perquisition avait été menée, le 1 er février 2015, à Waremme avec, à la clé, des saisies conservatoires. Une commission rogatoire a également été menée en Slovaquie où les trois sociétés slovaques ont été visitées.
 
Lors de l’interrogatoire, le juge Defechereux demandait au patron de la société Verjans, Guillaume, pourquoi il n’utilisait quasiment que des chauffeurs slovaques et roumains. La réponse fusait: «Nous avions un terrible problème de compétitivité à l’international et nous manquions cruellement de chauffeurs», lançait-il. «Les chauffeurs belges voulaient rentrer chez eux le soir après le travail alors nous nous sommes tournés d’abord vers les chauffeurs slovaques et lorsque ces derniers sont devenus, eux aussi, plus exigeants, nous avons pris des chauffeurs roumains.Un chauffeur slovaque coûte 3.000€ bruts par mois là où il faut en débourser 5.000 pour un chauffeur belge.»
 
Lors de la commission rogatoire en Slovaquie, les enquêteurs ont pu vérifier que les trois sociétés n’étaient pas loin de la «coquille vide» et que la grande partie de l’activité des transporteurs Verjans, dont certains camions étaient immatriculés en Slovaquie, se tenait à Oreye.
 
Le ministère public fera état de son réquisitoire le 14 octobre.
(Article La Meuse du jour A. Bisshop)

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