Les gérants du Lady’s Night au tribunal correctionnel suite à l’affaire de 2013.

Les clients du « Lady’s Night », un club à hôtesses d’Oreye, déboursaient 300€ la bouteille de champagne et 450 € pour 1h en « bonne compagnie » dans un jacuzzi... Mais la 1/2 des gains revenaient aux tenanciers du bar, dont le procès devant le tribunal correctionnel de Liège vient de débuter.

Une Waremmienne de 29 ans, patronne du Lady’s Night, et son époux, qui semble avoir joué dans le bar un rôle actif, comparaissaient ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Liège aux côtés de deux de leurs barmen pour des faits de traite d’êtres humains, de tenue de maison de débauche et de participation à une organisation criminelle.

Le bar à hôtesses, qui avait été fermé au printemps 2013 et qui a repris ses activités à la fin de l’an dernier, était ouvert toutes les nuits. Les clients venaient y consommer du champagne à 50 euros la coupe et s’ils voulaient aller plus loin, tout était prévu : pour 450 euros l’heure, ils pouvaient se livrer à des ébats sexuels dans le jacuzzi et pour 300 euros, ils passaient 1h en chambre avec leur préférée. La manière dont les jeunes filles étaient parfois recrutées pour le club a aussi été examinée par le tribunal. Une des prostituées du Lady’s night avait expliqué qu’un homme se faisant appeler David, Sérésien de 40 ans, l’avait invitée à manger puis avait fait semblant qu’il manquait une fille au club, et qu’il allait avoir des problèmes avec le « patron ». Il avait insisté, avait expliqué à la jeune fille qu’il fallait juste « parler avec le client », et celle-ci avait fini par accepter...

UNE VINGTAINE DE JEUNES FEMMES

L’enquête menée par la PJ a montré que « David » avait utilisé ce genre de subterfuges avec une vingtaine de jeunes femmes. Elles étaient parfois abordées dans la rue par une copine de David, après que ce dernier l’ait repérée. La complice faisait connaissance avec la jeune fille et repartait avec son numéro de téléphone. David se chargeait de la recontacter, de l’inviter à manger et de la convaincre... Les filles étaient aussi abordées via un faux profil Facebook ; il étudiait ainsi ses proies via les réseaux sociaux, puis les contactait pour les envoyer vers la prostitution.  Avant de travailler, les filles devaient, en « test », avoir des relations sexuelles non protégées avec lui. Il réalisait ensuite une petite fiche avec photos dénudées, mensurations de la jeune fille et ce qu’elle « acceptait de faire ».

Il est poursuivi pour viol, certains des rapports sexuels ayant été opérés sous la contrainte. C’est le cas des rapports entretenus avec une jeune fille de 17 ans, qu’il avait « testée » dans une voiture puis qu’il avait envoyée dans la garçonnière d’un pervers équipé d’une croix de St André et autres objets SM.

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