Cet Orétois construit un studio d’enregistrement professionnel chez lui !

10152324_10202339069971122_2032038801_o.jpgIngénieur du son, Thomas Destrée construit depuis 2009 pas à pas un studio d’enregistrement professionnel chez lui à Oreye. Les travaux devraient être terminés pour la fin de l’année. Une structure unique en son genre, appelée Lupanar, verra alors le jour et des artistes pourront y enregistrer.

Lorsque l’Orétois Thomas Destrée entreprend ses études d’ingénieur du son à l’IAD de Louvain-la-Neuve, il sait déjà quel est son rêve. « Mon but a toujours été d’avoir un studio d’enregistrement », débute cet homme de 34 ans qui travaille actuellement au centre culturel d’Engis et de manière ponctuelle sur certains grands évènements. Aujourd’hui, son rêve est en passe de devenir réalité. En effet, il a débuté un chantier au deuxième étage de sa maison en 2009 et le studio d’enregistrement devrait être terminé pour la fin de cette année. « J’ai fait la plupart des travaux moi-même. Il y a eu quelques intervenants extérieurs, notamment un acousticien, mais c’est rare. Je travaille les week-ends et lors de mes jours de récupération », précise-t-il. Et il s’agit vraiment d’un travail colossal tant tout doit être conçu et imaginé pour conférer à l’endroit une acoustique unique. C’est ainsi, par exemple, qu’une climatisation particulière sera mise en place, notamment pour que l’air frais se diffuse plus lentement. En outre l’isolation du studio est composée de différents matériaux qui mis un à côté de l’autre mesurent plus d’un mètre vingt d’épaisseur. Une dalle en béton distincte du bâtiment a été coulée pour éviter les vibrations. De même, l’angle des murs a dû être étudié avec précision. « On ne peut pas se tromper, même d’un demi centimètre ».

photo.php.jpgNéanmoins, Thomas Destrée ne veut pas évoquer le mot rêve. « C’est simplement une étape, pas une fin en soi. Le but ce n’est pas seulement de l’avoir, c’est de s’en servir ». Et justement, plusieurs utilisations du studio d’enregistrement seront envisageables. Des artistes pourront louer le studio pour leurs enregistrements, avec Thomas Destrée comme ingénieur du son ou avec leur propre technicien. Mieux même, un coin lounge, avec cuisine, toilette et salle de bain, sera aménagé à l’entrée du studio et deux espaces avec des chambres verront le jour dans la cour de la maison familiale afin de pouvoir accueillir des artistes pendant plusieurs jours d’affilée. Thomas Destrée pourra également s’en servir pour des mixages de sons extérieurs et certains groupes de danse ont déjà fait des demandes pour y performer.

En tout la structure s’étend sur 19 mètres de longueur pour 7 mètres 50 de largeur. Elle est divisée en deux salles : la live room, où les artistes enregistrent, et la control room où tout le travail des ingénieurs du son s’effectue.

Et ce nom particulier, Lupanar, il vient d’où ? « C’est mon beau-frère qui a trouvé ce nom. Il plaisantait sur mes espaces de vie d’adolescent », sourit l’Orétois.

« Une console de New-York amenée par bateau »

10152071_10202339069931121_1525428123_o.jpgEquiper un tel studio avec du matériel haut de gamme représente un coût exorbitant. Pour diminuer la facture sans toutefois toucher à la qualité, Thomas Destrée a accumulé au fil des années une série de pièces achetées d’occasion. « J’ai fait une liste avec tout ce que je devais acheter et je cherche des occasions. Cela se fait surtout par internet, raison pour laquelle j’ai déjà beaucoup acheté à l’étranger », raconte cet homme de 34 ans.

Une de ses plus belles pièces est sans aucun doute sa console de mixage analogique de marque anglaise. Neuve, elle coûte 75.000 dollars hors TVA. Il l’a achetée d’occasion à New York et l’a faite revenir par… bateau ! « C’était le mode de transport le moins onéreux, mais ça a quand même coûté plus de 2.000€ rien que pour le transport. Dès que le bateau se trouvait à proximité des côtes, je pouvais suivre son trajet. Il est parti de New York, puis est allé un peu plus au sud des Etats-Unis, avant de le voir réapparaitre le long des côtes anglaises puis à Anvers », se remémore ce grand passionné de musique.

Après plus de deux ans, il l’a finalement entièrement retapée. Elle pèse plusieurs centaines de kilos et pour la déplacer il est obligé de démonter tout l’électronique pour ne garder que l’ossature. Dans son nombreux matériel, on retrouve aussi des pièces qui viennent du Royaume-Uni, de Pologne ou encore du Danemark. Il a même fait faire des micros uniques en leur genre sur les conseils d’un des meilleurs spécialistes anglais en la matière. (T.J)

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