Basket-Dames: Sabine Henrard dispute sa dernière saison de basketteuse !

Du haut de ses 43 ans, Sabine Henrard dispute sa dernière saison de basketteuse, avant de se lancer dans son autre passion : le golf. Mais quitter Oreye et son ambiance unique risque d’être très compliqué pour la citoyenne de Kemexhe.

henrard.JPGComment ou grâce à qui le basket est-il devenu votre sport numéro 1 ? On peut dire que je suis née dedans et c’est naturellement que mon frère et moi avons commencé à jouer.

Aussi loin que vous pouvez aller, avez-vous en mémoire vos premières séances d’entraînement et vos premiers matches ? J’avais 9 ans. Avant mon premier entraînement, je pleurais pour ne pas y aller tellement j’avais peur ! Après, je me souviens surtout des genoux en sang, de l’alcool qu’on vidait sur nos mains quand il gelait, du gros pull et des collants sous l’équipement.

Avec le recul, n’avez-vous jamais regretté de ne pas avoir testé un autre sport ? J’aurais aimé faire du tennis. Mais même si cela restera toujours un regret, je me dis qu’un sport d’équipe m’a apporté beaucoup plus qu’un sport individuel.

Quels sont vos principaux traits de caractère dans la vie de tous les jours ? Je suis plutôt discrète. Plus jeune, j’étais très timide mais je me suis soignée avec le temps et le basket m’y a beaucoup aidé. Je termine ce que je commence et j’aime me fixer des objectifs.

Êtes-vous la même sur un terrain ? Non. J’ai plutôt tendance à me jeter sur tout et à mettre ma tête où une autre ne mettrait pas son pied. D’où mon état actuel (sourire)!

D’où vient votre surnom « chaton » ? C’est suite à un quiproquo et un SMS destiné à Sabine Herben par sa compagne qui m’est arrivé par erreur. Cela s’est fini avec un bon fou rire et donc ce surnom. Sabine l’a lâché un jour en coachant et me voilà rebaptisée par l’équipe.

henreard 2.JPGAu basket, quels sont vos points forts et faibles ? Naturellement, ça a évolué au fil des années. Si, avant, mes points forts étaient la contre-attaque et la pénétration, maintenant, ce serait plutôt le shoot. En défense, les petites ailières rapides ne sont plus pour moi (sourire).

On vient de franchir le cap de la mi-parcours en championnat. Doit-on la ranger dans les déceptions ou les satisfactions ? On a été trop irrégulières. Nos matches sont soit excellents, soit médiocres, il n’y a jamais de demi-mesure. Donc, sportivement, je dirais que ce premier tour est à ranger dans les déceptions. Par contre, pour l’ambiance et dans la buvette, le groupe est génial et détient probablement la première place.

Comment voyez-vous ce second tour ? On ne peut faire que mieux et il vient de commencer par deux victoires de bon augure.

Il semblerait que ce soit votre dernière saison. Est-ce le cas et quelles en sont les raisons ? C’est bien ma dernière saison. Ce n’est physiquement plus possible de continuer. C’est très difficile, c’est un long chapitre de ma vie qui s’achève. Mes équipières vont énormément me manquer.

Qu’allez-vous retenir de votre riche carrière ? Que des bons moments ! Le basket a occupé toute ma vie et m’a surtout permis de faire des rencontres formidables.

Si vous deviez en ressortir un ou deux bons moments, quels seraient-ils ? Je me souviens de chaque titre, ce sont des moments inoubliables. Et les saisons à Waremme. Sans parler de l’année passée et de la première fois que je jouais contre ma fille, Marielle.

Et le ou les pires ? L’année passée, la première fois que je jouais contre ma fille (sourire). Quel choc ! C’est là que l’on se dit qu’il est peut-être temps d’arrêter ! Et les multiples blessures, bien sûr.

Il y a aussi les liens que vous avez tissés avec une certaine… Sabine Herben. Quels sont-ils ? Cela va bien au-delà du cadre du basket. Je suis riche d’avoir une telle amie.

J’ai cru entendre dire que vous aviez été « victime » d’un accident assez insolite durant le stage de juillet. Une équipière, un peu éméchée, m’a accidentellement poussée à califourchon sur un accoudoir métallique. Le lendemain, on m’appelait Gérard. Je n’en dirai pas plus !

On m’a aussi dit que vous aviez une passion pour le Whisky. Elle est due à une longue expérience. C’est finalement ce qui me donne le moins mal à la tête un lendemain de veille. J’ai appris à l’apprécier en dégustation.

Et cette passion pour le golf ? Je me suis mise au golf il y a 4 ans. J’aime la compétition et c’est un des rares sports qu’on peut commencer à plus de 40 ans et malgré tout progresser. Je m’y fixe des objectifs et cela va m’aider beaucoup à faire mon « deuil » du basket. Je suis handicap 13.

On terminera par une petite dédicace à vos futures ex-équipières. Je ne sais quoi dire, si ce n’est que je n’aurais pas pu rêver d’un meilleur entourage pour finir ma carrière. Et ce sera d’autant plus dur d’arrêter. Fichu temps qui passe !

L’AVIS DE SABINE HERBEN, COACH D’OREYE

herben.JPGCoach d’Oreye, Sabine Herben ne tarit pas d’éloges au sujet de Sabine Henrard. «Elle a fait une très belle carrière, elle a joué de nombreuses années en D1, à Diest, à Waremme, à Flémalle, à Huy… À 43 ans, elle évolue toujours en P1 et est un pion très important dans l’équipe. Sa précision aux shoots à distance et son expérience nous font souvent beaucoup de bien. C’est aussi ma meilleure amie, nous évoluons dans la même équipe depuis 16 ans, nous nous sommes retrouvées à Ste-Walburge, en D2 en 1997, et nous ne nous sommes plus jamais quittées. On se voit deux fois par semaine au basket mais aussi en dehors. Elle fait partie de ma famille, nous n’avons pas besoin de nous parler pour nous comprendre. Je tiens à elle comme je tiens à mon frère ou à mes parents. »

« LA COACHER EST UNE FIERTÉ »

Et ce n’est pas fini. Vient ensuite l’aspect sportif… « Sur un terrain, on se trouvait les yeux fermés, on jouait du même côté, moi au pivot et elle à l’aile. C’était un vrai plaisir de jouer avec une joueuse pareille. J’ai aussi été très fière de la coacher. Malheureusement, en fin de saison, elle sera obligée de ranger ses baskets car son corps ne pourrait pas supporter une saison de plus. Elle va pouvoir se concentrer à 100 % à son autre passion, le golf », poursuit Sabine Herben. «Dans la vie, Sabine est quelqu’un de très discret, d’assez timide mais c’est aussi une grande fêtarde. C’est une personne entière, sur qui on peut compter. C’est une amie en or, une vraie. Elle est loyale et très fidèle, elle a le coeur sur la main. C’est quelqu’un de profondément gentil. Elle est très appréciée dans l’équipe et c’est un exemple pour les plus jeunes. Il y a d’ailleurs un respect naturel qui s’est créé. »

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