Le pilote de ligne orétois P.Debras secoué par le crash d’avion à l'aéroport de Charleroi (11 février 2013)

Capturer.JPGL’accident aérien survenu samedi matin à l’aéroport de Charleroi a semé l’émoi au sein de la communauté des pilotes. L’Orétois Pierre Debras (42 ans) pilote des avions de ligne, passe régulièrement par les aéroports de Liège ou de Charleroi. Le Hesbignon a franchi le pas il y a vingt ans, lorsqu’il a transformé sa passion en métier. Son premier vol commercial, il l’a effectué en 1994 pour le compte de la compagnie Virgin. Le pilote chevronné officie aujourd’hui comme commandant de bord sur Boeing 747-400. «Je ne connais pas les circonstances du dramatique accident de ce week-end, les seules informations dont je dispose étant celles qui ont été diffusées dans la presse», explique Pierre Debras. «Il est clair que cela nous fait quelque chose d’apprendre une telle nouvelle, d’autant qu’il y a des victimes dans le cas présent.»

UN PILOTE EXPÉRIMENTÉ

Selon le pilote hesbignon, l’homme qui pilotait l’avion accidenté devait être expérimenté. «Il volait à bord d’un Cessna 210 équipé d’un moteur à turbine, un appareil qui ne doit pas exister à plus de deux exemplaires en Belgique », estime-t-il. «J’imagine donc qu’il disposait d’une formation spécifique pour manœuvrer un tel engin. A-t-il connu une panne particulière ou a-t-il été surpris par de mauvaises conditions météorologiques, je l’ignore.»

Au cours de sa carrière de pilote de ligne et de son hobby d’instructeur, Pierre Debras a connu son lot de soucis. «Jamais rien de grave risquant de mettre l’avion ou les passagers en danger», souligne- t-il d’emblée. «J’ai déjà vécu des pannes de moteurs ou d’instruments de bord, mais nous sommes formés pour réagir de manière adéquate. Il faut aussi savoir que les avions sont conçus pour pallier à certains imprévus techniques. Un avion qui possède deux moteurs peut fonctionner avec un seul, comme celui qui dispose de quatre moteurs peut encore voler avec deux. C’est pareil pour les systèmes hydrauliques et de pressurisation qui sont toujours doublés de sorte que, si l’un tombe en panne, il en reste un second opérationnel. Lorsque ces pannes surviennent en croisière, hors des phases critiques du décollage ou de l’atterrissage, elles sont généralement sans conséquence.»

Capturer1.JPGL’accident survenu samedi n’empêchera pas Pierre Debras de reprendre sereinement les commandes de ses avions. «Cela me désole, bien évidemment, mais le sentiment de peur n’est absolument pas présent», poursuit-il. «Nous volons tous les jours. Ce serait comme si un transporteur routier remontait dans son camion en pensant aux accidents. On en arriverait alors à un niveau de stress parfaitement ingérable. »

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