heers storm

  • Avis défavorable pour le projet éolien dans la commune de Heers

    Un projet éolien développé par la société Storm, est en train de voir le jour dans la commune de Heers (en Flandre), à une centaine de mètres d’Oreye. Deux régions, des règles administratives bien différentes et une opposition commune de la part des Orétois.

     

    éoliennes.JPGDepuis le mois de mai, un projet d’implantation de trois éoliennes à Heers est lancé. Sur base des plans actuels, les mâts devraient prendre place à quelques encablures seulement de la frontière linguistique, a environ 80 mètres des premiers terrains orétois !

    L’enquête publique vient de se terminer et a révélé une opposition farouche de la part de plusieurs acteurs orétois, des citoyens mais également les autorités communales. En effet, ces dernières ont décidé d’émettre un avis défavorable à la province du Limbourg (pour le permis d’environnement) et à la Région flamande (en ce qui concerne le permis d’urbanisme). Les règles ne sont pas lesmêmes en Flandre qu’en Wallonie.

     

    Ils doivent donc agir avec d’autres contraintes. C’est par exemple le cas de la co-visibilité (NDLR:au départ d’un site éolien, on nepeut apercevoir un autre parc àéoliennes). Le projet flamand ne doit donc pas tenir compte de cette donnéeexplique Isabelle Albert,la bourgmestre orétoise.Nous ne sommes pas contre les éoliennes, mais il ne faut pas que notre village soit dénaturé, surtout qu’il existe aussi des projets sur notre commune. On a demandé que la co-visibilité soit prise en compte dans l’élaboration de leur projet. Pour rappel, trois promoteursagissent concomitammentsur le territoire orétois afin d’y implanter des parcs éoliens. Or, le projet flamand pourrait leur couperl’herbe sous le pied étant donné une procédure bien moins longue. Mais que se passerait-il pour les différents projetsorétois si les trois éoliennes devaientprendre place à Heers?Même la bourgmestre a dû mal àrépondre... Je ne suis pas au courant de grand-chose. Je ne sais pas s’il y a de la concertation entre la Région wallonne et la Région flamande. Mais je suppose qu’on devrait tenir compte de la co-visibilité avec le projet flamand . Si c’estle cas, et même s’il faut attendre lerapport des différents experts, cela pourrait signifier la mort des différents projets sur le territoire d’Oreye. En effet, deux d’entre eux sont situés sur la chaussée romaine en direction de Tongres, à 2 ou 3 kilomètres à peine du projet flamand, et donc ne respecteraient pas le critère de co-visibilité requis par la Région wallonne. En ce qui concerne le tout premier projet éolien mené par Air Energy (situé le long de l’E40 à Bergilers), d’abord annulé au Conseil d’État puis relancé récemment en version lightavec 4 éoliennes au lieu de 8, il faudra attendre les rapports des experts, même si cela semble mal embarqué.

     

    Une procédure bien plus rapide en Flandre

    En vertu de la fédéralisation du pays, la problématique des éoliennes (ça concerne l’urbanisme et l’environnement) est régulée par des législations régionales. En Wallonie, les promoteurs doivent lancer une enquête publique puis débuter la procédure du permis d’incidence, qui dure un an. Les citoyens ont ensuite un mois pour déposer leurs remarques. Entre l’annonce du projet et la fin de la période pour transmettre leurs positions, les riverains ont donc largement le temps de préparer leurs arguments.

    Du côté de la région flamande, la procédure diffère. Le promoteur arrive avec son projet. Il le présente au public et celui-ci a un mois pour faire part de ses griefs. Ensuite,l’administration prend déjà sa décision. Soit une procédure nettement plus rapide, qui laisse beaucoup moins de temps au citoyen de marquer son opposition.

     

    Opposition citoyenne – 150 familles Orétoises ont signé une lettre.

    Du côté des habitants de la commune d’Oreye, on s’organise pour montrer son mécontentement. Via l’association Face au vent, ils ont écrit une lettre en néerlandais qui a recueilli plus de 150 signatures, le tout en moins d’un week-end grâce au porte-à-porte. On a été bien reçus par les citoyens. Ils subiront directement l’impact des éoliennes et ils se sont montrés solidaires avec les autres riverains, expose Bernard de Sart, conseiller communal de l’opposition MR-IC et membre actif du collectif Face au Vent.