bernard kamette

  • Déjà 70 filles enregistrées et le Lady's Night fermé à la suite d'une enquête de la police judiciaire !

    Capturer.JPGDepuis l’introduction du règlement de police communal fin 2012, à Oreye et Crisnée, 70 prostituées se sont présentées au commissariat de Waremme, pour déclarer leur activité. Un « succès » selon le dirigeant de la brigade locale de recherche, Bernard Kamette, qui garde ainsi un œil sur les mouvements de population.

    Pourquoi était-il important d’obliger les prostituées à s’enregistrer auprès de la police ?

    Jusque fin 2012, nous étions la seule zone de police de l’arrondissement de Liège où les communes concernées (Oreye et Crisnée) n’avaient pas adopté de règlement de police communal. Du coup, certaines serveuses qui n’étaient pas en règle venaient travailler chez nous plutôt qu’ailleurs (Awans, Saint-Trond...) Soit quelques mètres plus loin puisque les bars sont situés sur la même route, la N3 (Grand-

    Route Liège-Bruxelles). Sans compter la politique d’assainissement de la Ville de Liège dans les rues du Champion et de l’Agneau et la diminution des bars rue Varin qui ont conduit certaines prostituées à se recaser dans nos communes. Oreye a d’ailleurs limité à 5 le nombre de bars. Crisnée en compte 6. Cela devenait difficile de contrôler régulièrement la présence de serveuses sur le terrain ! Et on avait peur que des filières de traite des êtres humains s’installent.

    Combien de serveuses travaillent à Oreye  et Crisnée ?

    Difficile à dire car leur nombre fluctue. Parfois, il y a même des pénuries. Je dirais une bonne trentaine de filles, à la grosse louche, dont une majorité de Belges. Septante se sont déjà présentées au commissariat. C’est plus car certaines ne viennent travailler que deux jours, avant de partir.

    Un succès, donc ?

    On peut dire ça, puisque la grande majorité a respecté la nouvelle règle, jusqu’à présent. Certains exploitants sont même contents qu’on fasse le ménage, pour éviter la concurrence dé- loyale. Le seul effet pervers est la charge de travail supplémentaire que ce suivi implique.

    Six personnes font partie de votre équipe, une brigade que vous avez reprise en 2002. Est-ce suffisant ?

    C’est le nombre légal. Outre les mœurs, nous nous occupons des stupéfiants, des vols, des homicides, les enquêtes économiques et financières simples, et le tout-venant (tags...). Depuis le règlement, recevoir les prostituées et vérifier les infos qu’elles nous donnent prend un tiers de notre temps. Nous sommes plus souvent devant notre ordinateur que sur le terrain. Il faudrait deux personnes à temps plein pour assurer un suivi efficace.

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