Le ras-le-bol des facteurs: de nombreux arrêts de travail dont Waremme, faute de personnel et de bon management.

Capture.JPGLa semaine dernière, le courrier n’a pas été distribué pendant trois jours dans une bonne partie du Brabant wallon. Les facteurs en ont marre de leurs conditions de travail et ce ras-le-bol se ressent un peu partout en Belgique.  

Il y a deux semaines, bpost annonçait qu’elle recherchait 300 nouveaux facteurs. Un avis qui concernait surtout la Flandre où on constate une pénurie de facteurs. « Cela concerne plusieurs régions de la Flandre. Dans certaines zones, le marché est saturé. C’est le cas par exemple d’Anvers où le port offre beaucoup d’emplois mais aussi à Halle où, là, c’est Colruyt qui propose du travail à des gens dans l’opérationnel » , admet Barbara Van Speybroeck, la porte-parole de bpost.
 
Pour Marc De Mulder, le président du SLFP Groupe Poste, ce n’est pas 300 facteurs qu’il faut mais une centaine de plus. « Surtout en cette période d’élections. Puis, il y aura la période des fêtes de fin d’année » . Faute de facteurs, certains bureaux de poste ont connu des arrêts de travail de quelques jours. « Il y en a eu à Audenaerde, Evergem, Wavre-S te -Catherine, Sint-Niklaas… mais aussi à Waremme et récemment à Mont-Saint-Guibert, dans le Brabant wallon ».
 
Trois jours sans courrier
Du centre de Mont-Saint-Guibert part le courrier destiné aux habitants de Wavre, d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, de Court-Saint-Étienne ou encore de Villers-la-Ville. Du mercredi au vendredi dernier, plus rien n’est arrivé dans les boîtes-aux-lettres, hormis les publicités et les journaux.
La porte-parole de bpost a confirmé qu’il y avait bel et bien un problème dans ce centre où les facteurs en avaient marre de faire deux tournées par jour au lieu d’une. « Un préavis a été déposé mercredi mais cela faisait deux semaines qu’il y avait des problèmes qui n’ont pas été solutionnés », précise Jacques Lespagnard, le secrétaire-général de la CGSP Poste.
Des facteurs se sont mis en arrêt maladie. Cela a aussi été le cas à Waremme. « Mais il s’agit surtout d’un problème organisationnel et de management qui touche l’ensemble des bureaux de poste du royaume ». Il dénonce une réorganisation opérée il y a 5-6 ans. « Les team leaders étaient anciennement des chefs facteurs. Ils ont tous été remplacés par des jeunes qui ont passé et réussi des examens. Je n’ai rien contre eux mais ils n’avaient aucune expérience. On leur a demandé de former les nouveaux facteurs en quelques jours… alors qu’il faudrait 2 à 3 mois ».
 
Faute de bonne formation, ces jeunes facteurs abandonnent vite. « Cela fait 41 ans que je suis à la poste. J’ai commencé comme facteur… mais la situation actuelle, c’est du jamais vu. Le métier de facteur est toujours dur physiquement et la productivité a augmenté de 25 %. Je ne dis pas qu’il ne fallait pas l’augmenter pour contrer la concurrence. Cela reste un très beau métier mais il faut que les conditions soient présentes et ce n’est plus le cas ».
 
Son confrère au SLFP confirme. « On n’a pas assez donné de formations aux nouveau-venus et bpost a beau vouloir être plus attrayante, elle n’arrive pas à attirer de nouveaux travailleurs. On peut comprendre que pour certains facteurs, trop c’est trop. Tout cela pour 1.300€ par mois avec, parfois 6 jours de travail sur 7 ».
« Une bonne affaire »
 
Marc De Mulder précise que les arrêts de travail sont venus de la base. « Au départ, nous ne voulons certainement pas la grève car, de toute manière, cela occasionnera par la suite une surcharge de travail pour les facteurs. Ces arrêts de travail que nous connaissons depuis deux semaines sont une bonne affaire pour bpost » . Une affirmation qui a de quoi surprendre mais le président du SLFP Groupe Poste l’explique : « C’est un gain pour elle car, ce jour-là, rien ne sort. On fait des économies de carburant. Il n’y a donc pas de frais et, de toute façon, le courrier finira bien par être livré ».

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